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RESTRUCTURATION
D'ENSEMBLE DU LYCÉE "LES PANNEVELLES" DE PROVINS
Au bord du
plateau briard, posé là sur un promontoire qui fait face à l'échancrure de la
ville ancienne, le
territoire du Lycée "Les Pannevelles" développe 19 hectares partagés
en trois grandes zones :
- un
vaste secteur où cohabitent bâtiments administratifs, techniques, pédagogiques
et de logements occupe l'angle Sud-Est,
- une
seconde plateforme, dans une altimétrie décalée de quelques mètres prolonge la
précédente vers l'Ouest le long de la route de Chalautre et reçoit des ateliers
de piètre figure,
- une
couronne où, au Nord et à l'Ouest, s'activent sans cesse les engins de travaux
publics qu'apprennent à manier les élèves du lycée.
Battu par les vents et la pluie du Sud-Ouest, le site du lycée fait
face à celui de l'Hôpital.
La ville est au loin, en bas, de l'autre côté de la RN 19, un peu comme
une carte postale qui vous fait souvenir, mais du lycée la vue porte même
au-delà.
Les bâtiments sont fatigués et
vont disparaître.
Il reste une lumière ouverte,
celle du plateau qui surplombe un vallon actif et affairé.
Il reste aussi comme un souvenir d'avoir voulu ici aussi une part de
ville. Des bâtiments dispersés et un grand, long bâtiment bas qui serpente dans
le terrain, le tout distribué autour des ingrédients d'une culture de la ville.
Le tracé des voies
en effet, trame viaire orthogonale rigoureusement orientée aux points
cardinaux, structure l'espace du terrain en un "cardo" et
"décumanus" qui se prolonge, au dessus du vallon, jusqu'à la
flèche de l'église au centre de la ville.
Autres temps, autres villes, l'espace urbain ne s'est jamais constitué
même si on a fait comme si : les plantations d'alignement
accompagnent le tracé des voies et au centre, à l'articulation des deux
plateformes, une terrasse à la bordure plantée d'arbres vous suggère de
regarder vers la ville, la vraie.
Le terrain de manœuvre vous répond, champ d'exercices
consciencieusement brassé et retourné depuis tant d'années qu'aucune plante n'y
pousse; mais là n'est pas l'objet.
Ce bord de plateau est aussi ceinturé de voiries bruyantes. L'hôpital
attire des flux importants Route de Chalautre, la RN19 déverse sont flot de
poids lourds et la route de liaison à l'Est ferme le site avant de desservir
une prochaine zone industrielle.
Avec le collège un peu plus bas, le secteur est marqué par les grands
équipements, par des constructions de grande taille, quelquefois hautes et
massives comme l'hôpital.
Au fil du temps l'espace généreux du début s'est délité, pour n'être
plus promis aujourd'hui qu'à la démolition.
DÉPASSER LA SIMPLE LOGIQUE FONCTIONNELLE
Le programme de restructuration complète du lycée "Les
Pannevelles" pose en principe le renouvellement quasi complet des
bâtiments, la conservation des réseaux et des voies, le maintien des accès et
l'extension du programme avec une importante augmentation des surfaces
construites.
L'objectif est ambitieux, car il suppose un changement radical de
perception tant du lycée lui-même, considéré comme un ensemble d'objets
construits, que des espaces qui l'accompagnent et qu'il structure de sa simple
présence.
Il ne s'agit pas ici de renouer avec le rêve passé de constituer une
part de ville.
Mais la reconstruction peut aujourd'hui permettre une distribution
nouvelle de l'espace, peut faire place à des lectures et des pratiques
différentes qui donnent signification et présence aux bâtiments dans le rapport
qu'ils entretiennent avec les autres ensembles construits alentour.
Il faut que l'espace prenne sens pour ceux qui le pratiquent.
La cohérence n'est pas à rechercher seulement par l'alignement
des formes entr'elles, dans les limites d'un site dont on ne perçoit pas
systématiquement le périmètre. Elle est à mettre en place comme une ligne de
tension entre les différentes présences.
Il y a aussi l'évidente question de la disparition d'un lycée pour
en faire surgir un autre, le travail de mémoire et l'assimilation de la
structure passée : comment organiser l'immense espace disponible pour organiser
l'extension, reconstruire, répondre aux objectifs du programme ?
Le lycée est cet espace où se termine l'adolescence, dans le jeu
difficile et complexe de la préparation aux ouvertures professionnelles.
Dans cet espace de vie sociale ici encore renforcé par l'internat, les jeunes
adultes s'imprègnent d'une organisation dont le mode et les pratiques les
incitent aux projets collectifs et à l'ouverture à la vie sociale.
Cet investissement nouveau, vécu dans l'espace de la formation ou de
l'apprentissage se fait avec l'aide d'adultes motivés autour d'un projet
d'établissement et d'un projet pédagogique qui ne peuvent être dissociés de
l'organisation spatiale du bâtiment.
Et puis, ultime condition, point focal de la démarche, l'acte de
reconstruction va devoir organiser la transformation du lieu sur lui-même en
lui assignant l'objectif d'une Haute Qualité Environnementale.
Le projet se propose donc de répondre à ces exigences multiples pour constituer un lieu où se perçoivent les
fonctionnalités nouvelles mises en place, mais qui recentre aussi les pratiques
liées à l'espace pédagogique, théorique ou pratique, pour les orienter vers
une préoccupation principale : l'acquisition d'un savoir.
Au cœur de cet immense espace, il nous faut recomposer et articuler un
ensemble de bâtiments qui prenne sens, glisser un nouveau lycée dans l'ancien,
établir une cohérence absente, réapprendre le rapport à l'environnement conçu
comme le fondement de la qualité de demain.
RECOMPOSER L'ENSEMBLE BÂTI ET LUI DONNER COHÉRENCE
Si l'on veut bien considérer comme exclue du champ du projet la zone de
10 ha affectée au maniement des engins et la nécessité impérative de conserver
les voiries existantes, le nouveau lycée va devoir se redéployer sans
modification majeure de l'emprise actuelle.
Cette définition d'emprise spatiale maximale ne peut être dissociée de
celle des limites économiques du projet et des objectifs de haute qualité
environnementale qui lui sont assignés.
Ces trois éléments forment, ensemble, le cadre des contraintes qu'il
convient de prendre en charge dès la conception du projet.
L'économie
de l'opération est très serrée.
Elle justifie en particulier que l'enveloppe financière disponible soit
prioritairement affectée à la reconstruction et à la qualité des futurs locaux
et que toute économie puisse être recherchée sur les moyens de leur mise en
œuvre.
Il apparaît ainsi rapidement que :
- L'organisation
du site, la définition générale de ses terrassements et des plateformes
existantes doivent être intégrées au projet dans leurs conditions actuelles.
- Les
modifications des réseaux de distribution, des voiries en particulier doivent
être limitées à des ajustements pour adaptation au projet.
- L'organisation
et la localisation des phases de travaux doivent conduire à une installation de
chantier unique pour toute la durée des travaux, sans déménagements
intermédiaires.
L'emprise
spatiale limitée du projet
architectural laisse imaginer une forte emprise au sol, allant contre le
souhait formulé au programme d'une réalisation qui reste aérée, ouverte sur le
site environnant.
Les espaces disponibles sont en outre peu nombreux pour engager un cycle
significatif de construction de bâtiments suivi de la déconstruction des locaux
correspondants.
La maîtrise d'un projet envisageant des espaces ouverts et fluides, une
présence accrue de la végétation, suppose donc une réduction des emprises
construites par l'élaboration de bâtiments compacts, économes de leur forme, et
suffisamment proches pour limiter les flux de circulation au sein du terrain
qui reste tout de même vaste.
La haute
Qualité Environnementale est le nœud central du projet. Elle ne saurait être envisagée comme un
apport complémentaire, comme un cosmétique, tant les cibles énoncées, notamment
les cibles prioritaires, structurent la démarche du projet, introduisent
des hiérarchies au sein même du programme.
Elle ne peut non plus, à notre sens, n'être perceptible qu'en fin d'opération :
un chantier d'une telle ampleur, d'une telle durée, ne peut pas ne pas avoir
d'effet sur un établissement maintenu en fonctionnement. Le chantier est la
première de toutes les nuisances et certains élèves la vivront sur la durée
totale de leur scolarité.
La cohérence nouvelle du site reconstruit est donc à rechercher dans la
cohésion globale, dans la perception synthétique des espaces du nouveau lycée,
recentrant la pédagogie et en assurant la liaison entre tous les éléments de
l'ensemble. Objectif
qu'éclairent les trois conditions formulées ci-dessus.
Nous proposons donc un projet qui occupe le site sans modification
fondamentale de son modelé actuel, un ensemble construit dont la cohérence
permet une claire identification des lieux de l'activité ou du repos et
rétablisse, par le renouvellement profond de son apparence et de sa
distribution spatiale, les notions simples d'équipement public et
d'institution scolaire.
L'ORGANISATION GÉNÉRALE DU SITE
Les
bâtiments sont distribués en trois grandes unités : administration et
locaux pédagogiques classiques au centre sont encadrés à l'Ouest par les
nouveaux ateliers et à l'Est par le secteur résidentiel et de services.
Le principe de cette distribution
générale, confirme pour l'essentiel la partition actuelle de l'espace
constructible.
La
structure générale d'occupation du sol est dictée par les voiries existantes réintégrées dans la
nouvelle organisation du site.
Récupérant les traces laissées par
le mode d'occupation précédent, les nouveaux bâtiments prennent en charge la
mémoire du lieu pour développer espaces nouveaux et qualité
environnementale.
Les deux axes de pénétration sont rigoureusement orientés
nord-sud. Avec l'axe Est-Ouest évoqué ci-après, leur croisement marque le cœur
de l'espace aménagé.
Ils sont conservés pour assurer la desserte des deux plateformes qui
structurent le site, mais au lieu de desservir des bâtiments au hasard de leur
progression, ils encadrent cette fois le bâtiment principal.
Ce bâtiment principal, qui accueille les locaux de la
pédagogie classique, la vie scolaire, la vie lycéenne, le CDI,
l'administration, les services généraux et le pôle fédérateur, occupe la
partie Est de la grande esplanade actuelle ouverte vers le nord et la ville
de Provins.
Cette localisation permet une construction sans démolition majeure préalable,
le petit bâtiment du labo étant préalablement relogé dans l'infirmerie,
elle-même transférée dans le bâtiment de logements. Le bâtiment de
l'administration est ainsi maintenu en fonctionnement.
La situation nouvelle du bâtiment pédagogique croise l'axe
Est – Ouest du lycée actuel.
Cet axe, que nous proposons d'intégrer au nouveau bâtiment,
va en devenir l'espace structurant principal, la Galerie du niveau d'accueil :
l'ancienne allée des ateliers qui structure la zone basse devient ainsi en
progressant vers l'Est, au cœur de l'ensemble, la grande galerie à partir de laquelle
s'organise la distribution intérieure du bâtiment pédagogique. Elle se poursuit
ensuite, galerie couverte réservée aux liaisons piétonnes pour desservir les
deux bâtiments d'internat et le restaurant scolaire.
Placé au centre du site, ne développant que deux niveaux sur RDC, le
bâtiment pédagogique, bâtiment essentiel du lycée est aussi placé loin des
nuisances de la RN 19 et forme l'écran indispensable au bruit des
engins de TP pour l'hôpital tout proche.
Au Sud, entre bâtiment principal et Route de Chalautre, l'esplanade
d'accueil puis le parvis d'entrée consacrent l'espace ouvert et la mise en
valeur de l'équipement public. Le contrôle d'accès, la loge du gardien
(avec logement associé), le garage deux roues sont placés à mi-parcours, à
l'articulation nécessaire avec le pôle de transports en commun maintenu sans
modifications.
L'ampleur du site mais aussi la cohérence nouvelle de
l'ensemble qui l'occupe sont immédiatement perçus : esplanade, parvis, hall
vitré, galerie, puis terrasse nord ouverte sur la ville ancienne s'enchaînent
en une série d'espaces ouverts et de transparences qui marquent l'organisation
de la zone centrale.
A l'Ouest les nouveaux ateliers voient leur emprise globale
ancienne confirmée. L'axe principal Est Ouest, maintenu profite de la déclivité
générale pour s'ouvrir sur le paysage à l'Ouest;
A l'Est, le secteur résidentiel et de services regroupe les
deux internats, dont la construction est rythmée par la libération des sols des
bâtiments actuels, les logements de fonction plus au nord et jouissant d'une
indispensable autonomie fonctionnelle.
Nous avons choisi de leur donner la forme de maisons individuelles
groupées et en leur associant des jardins privatifs de bonne taille.
La bâtiment de restauration restera la seule trace construite
de l'ancien lycée :
son sous sol technique apte à recevoir tous les locaux de maintenance comme la
grande flexibilité de la surface disponible en superstructure permettent
d'envisager l'installation aisée de la nouvelle cuisine et du restaurant, ainsi
que des locaux techniques (au sous sol) avec une option fondamentale, la
chaudière bois; Cette conservation permet aussi une nette économie dans le
cadre du budget de travaux.
LE PARTI ARCHITECTURAL ET ENVIRONNEMENTAL
Le parti d'insertion environnementale intègre, dans l'espace
disponible, les contraintes comme les atouts du site et du climat : ateliers de
silhouette basse et profilée contre le vent, bâtiment principal plus élevé au
centre, protégeant les espaces extérieurs pour une réelle convivialité,
orientations des façades pour une meilleure maîtrise de la lumière et de
l'insolation.
Les
masses construites sont en accord avec le profil général du site: les bâtiments les plus bas sont à
l'ouest, sur la plateforme la plus basse et se tiennent en limite de la cassure
de terrain qui conduit au vallon et à la ville. Sur la partie plus haute du
terrain, nous avons préféré développer des bâtiments plus resserrés de
préférence à une hypothèse basse "nappant" le terrain.
Les
bâtiments sont compacts, d'une hauteur comparable à celle des bâtiments hospitaliers voisins :
la hauteur maximale nouvelle n'atteint jamais celle de l'hôpital. L'économie de
forme obtenue permet de conforter l'économie globale du projet, en limitant le
nombre d'objets construits.
La distribution
générale des bâtiments permet, par la limitation des emprises construites
une présence végétale réorganisée et renforcée.
- Les
ensembles résidentiels, internats et logements de fonction, sont insérés dans
des espaces aux limites plus proches, agrémentés de jardins, de haies et
de plantations plus denses, plus propices à l'intimité.
La fragmentation de l'espace est
donnée ici comme un moyen d'identification du secteur résidentiel.
- Les
plantations existantes, lorsque leur état phytosanitaire ne conduit pas à leur
remplacement, sont conservées et le système originel des plantations d'alignement est
développé en cohérence avec l'organisation générale du terrain : ce mode d'organisation
"urbaine" du végétal est particulièrement économique (élagage annuel,
peu d'arrosage, entretien réduit) et participe à la lecture du site dans son
ensemble.
- Le
terrain de manœuvre fait l'objet d'une proposition d'aménagement paysager.
Il est proposé de découper l'espace en secteurs dédiés aux différents types
d'exercices et d'annoncer ces secteurs par de longues lignes d'arbres de
haute tige structurant le paysage proche. Ces plantations auront une
incidence non négligeable dans la gestion de l'eau et atténueront les effets de
la poussière présente en grande quantité sur le site du fait des passages
d'engins.
Les
surfaces imperméabilisées sont limitées aux exigences fonctionnelles. Les plus grandes d'entre elles
sont dotées de traitements de surface absorbants : larges bandes plantées
autour du parvis, prairie pour l'esplanade nord, enrobés drainants pour les
cours des ateliers. Chaque fois qu'un revêtement "dur" n'est pas
nécessaire, il a été préféré un traitement paysager adapté au lieu. Les aires
de stationnement pour les véhicules des professeurs et des élèves sont largement
végétalisées et comportent un accompagnement végétal qui permet un traitement
des eaux de ruissellement avant infiltration.
Destiné
à plus de 1300 adolescents et jeunes adultes, le lycée est aussi un lieu de
vie, tout particulièrement pour les pensionnaires. Le confort et la
convivialité des espaces communs sont donc étudiés avec soin : les locaux de la
vie lycéenne sont regroupés au niveau bas du bâtiment pédagogique, autour de
circulations agréables ouvertes sur un patio et donnant directement sur la cour
plantée d'arbres. Au calme des espaces résidentiels vient s'ajouter, devant les
internats, le dessin accompli jardins proches.
La séparation nette entre locaux résidentiels
(logements, internats) et locaux bruyants (ateliers) permet un confort accru
dans l'utilisation du site. La perception de cette séparation est encore
renforcée par la disposition des accès sur les deux voies qui encadrent le
terrain.
LA RÉPARTITION DES UNITÉS FONCTIONNELLES ET LE FONCTIONNEMENT DE
L'ÉTABLISSEMENT
Le fonctionnement général s'organise naturellement à partir
du bâtiment d'administration et d'enseignement général. Les liaisons mises en place dans
le projet permettent ensuite d'assurer la cohésion fonctionnelle indispensable
à un établissement de cette importance.
L'ensemble étendu que forment le parvis, le hall, la galerie
et la cour nord permettent de percevoir la totalité des bâtiments dès la
première approche.
Le niveau d'accueil du bâtiment principal distribue les
unités fonctionnelles nécessaires à tous, à partir de la galerie qui
constitue le cœur du bâtiment.
L'administration et le service médical occupent le devant de
la scène à droite, puis la vie lycéenne et l'enseignement artistique se
développent dans le pied de l'aile d'enseignement général.
La galerie assurant
vers l'Ouest la liaison avec le secteur des ateliers, la double hauteur de la
rupture de niveau, RDC haut et RDC bas, est la localisation idéale des locaux
du Pôle fédérateur.
Outil privilégié de l'ouverture du lycée sur l'extérieur et le monde du travail au sein d'un
établissement entièrement dédié aux métiers du Bâtiment et des Travaux publics,
le Pôle Fédérateur prend naturellement sa place à l'articulation entre
l'accueil, les locaux d'enseignement général et les ateliers. Traversé par la
Galerie, réparti sur deux niveaux, bénéficiant de trois orientations, il affiche
la modernité du bâtiment.
En deux autres étages sur RDC, l'aile nord rassemble toutes
les salles du pôle d'enseignement général; Le bâtiment très épais mais éclairé par des patios
intérieurs est ainsi limité en hauteur.
Les mouvements sont aisés, assurés par des escaliers régulièrement répartis
et des circulations largement dimensionnées;
L'ascenseur est placé à l'angle Sud est, une plateforme
élévatrice pour handicapés absorbe la différence de niveau du pôle fédérateur.
Les ateliers sont regroupés en suivant strictement la
définition des unités fonctionnelles exposées au programme.
Internat du lycée et Internat BTS sont reliés au bâtiment
principal par la galerie couverte mais cette fois à l'air libre, qui circule d'Est en Ouest et
accroche au passage l'accès à la salle de restauration comme l'accès à la salle
de sports. A la traversée de la rue, la galerie (ht 3.80) permet le passage des
véhicules de secours.
Tout cet ensemble Est
est innervé par une circulation dédiée aux piétons, la circulation
des véhicules étant rejetée à la périphérie : au sud pour les livraisons du
restaurant et l'accès aux locaux techniques, au nord pour les internats et les
logements de fonction, accessibles depuis la voie de liaison. L'accès aux
logements est d'ailleurs nettement différencié afin de préserver l'intimité et
le calme nécessaire.
A l'entrée Sud, les parcs de stationnement sont répartis à
raison d'un parc pour les enseignants et personnels, allongé le long du parvis,
clos et surveillable depuis la loge et d'un autre parc laissé libre d'accès
mais isolé fonctionnellement du lycée pour élèves et visiteurs. Internat BET et
logements disposent avec leurs accès, de leurs parkings respectifs.
ÉCRITURE ARCHITECTURALE, MATÉRIAUX, AMBIANCES
Le lycée est entièrement dédié aux métiers du bâtiment et son
architecture est une première lecture du métier qui s'annonce.
Dès le départ et au regard de la difficulté économique d'un budget
serré, le projet a été conduit dans le souci de ceux auxquels il s'adresse.
La modernité nous y semble indispensable, en ce qu'elle implique une conception
ouverte de l'espace construit, constitué pour être vécu et pratiqué au
quotidien.
Lumineux et largement ouvert sur l'extérieur, l'espace est traité comme
un matériau propre qui exprime la dynamique des lieux et sa vocation à recevoir
des locaux de formation.
Conçu, suivant les secteurs concernés, en utilisant des matériaux
et des techniques différentes, le
projet pour le nouveau lycée veut donner à percevoir des notions fortes telles
que discipline et rigueur constructives, organisation rationnelle des
systèmes de construction, économie de matières, mises en situation de
matériaux et de techniques d'aménagement, qui feront l'intelligence des
projets de demain.
Sans en faire un catalogue, la diversité même des locaux qui
constituent le programme de l'établissement organise un large déploiement de
techniques et de matériaux.
Les ateliers habillés de métal et de bois portent ainsi l'évidence de
l'indépendance de la structure et de l'enveloppe, le bâtiment pédagogique en
béton blanc laisse lire l'organisation de sa structure et des grandes portées
de ses planchers.
Le développement des façades, conséquence de l'organisation des bâtiments
dans le site, est maîtrisé par une rigoureuse distribution des surfaces vitrées
en cohérence avec les choix HQE: si la grande galerie est totalement vitrée sur
la cour au nord, à l'envers la façade Sud sur l'entrée s'abrite du soleil par
un grand aplat opaque et de fines lamelles au droit du CDI.
La possibilité donnée de mise en place de façades préfabriquées permet
aussi un avancement rapide avec des matériaux de grande qualité qui
garantissent la durabilité des parements du bâtiment.
L'écriture architecturale est volontairement calme et régulière: loin
d'une survalorisation architecturale déplacée, le projet a pour première
ambition d'être la juste réponse au juste besoin.
L'esquisse remise
en phase concours a suscité après engagement du dialogue avec les utilisateurs,
des observations ou demandes dont l'examen nous a paru nécessaire et dont
certaines ont été l'occasion d'aménagements du projet proposé.
De même, les
observations conduites par les Conseils et Experts du Maître d'Ouvrage, en
particulier en matière de Haute Qualité Environnementale ont-elles pu conduire
à la reconsidération de certaines propositions d'aménagement et de plusieurs
propositions initiales d'équipement technique.
Enfin, les études
d'Avant Projet Sommaire restent un type d'études où peuvent encore être
appréhendés facilement les aspects globaux ou synthétiques du projet, même dans
certains champs spécialisés.
On trouvera donc
ici un rappel des principales évolutions du projet, dont les plans, notices et
notes de calcul constituent le détail.
ORGANISATION
GÉNÉRALE DU SITE
Le parti général
est confirmé, sans modification de l'aire d'implantation ni de la division
fonctionnelle en trois grands secteurs.
Par souci de simplification
de lecture, le territoire est divisé en trois secteurs (voir plan ci-dessus).
- Secteur A : Ateliers
– remise engins – Garage
- Secteur B : Enseignement général – Administration – Accueil
- Secteur C : Secteur résidentiel des personnels logés, Internats,
Restauration collective, Installation sportives, Maintenance
Si l'organisation
des secteurs A et B ne connaît que des ajustements de détails, le secteur C est
en revanche plus nettement remanié :
- Les
logements des personnels font l'objet d'une proposition entièrement
nouvelle intégrant les demandes exprimées par les personnes concernées :
orientation des logements suivant un axe Est/Ouest avec jardins privatifs à
l'Ouest et meilleur isolement par rapport au Lycée.
Les
maisons individuelles, groupées par petites unités de 3 maisons sont
distribuées au long d'une voirie unique dont elles sont séparées par une double
rangée d'arbres formant mail.
Cette voirie, qui dessert aussi le
stationnement réservé aux habitants et à quelques visiteurs, est maintenant à
l'usage exclusif des personnels qui disposent ainsi d'un accès privatif au
site.
Indépendamment de cette destination au
quotidien, la voie ainsi créée, dont un prolongement piétons à l'Ouest assure
le bouclage avec la voie Nord-sud principale, permet de garantir l'accès et la
sortie des moyens de secours incendie.
A travers les parkings, elle donne aussi
accès aux véhicules de secours pour la défense incendie des Internats.
Isolés côté Sud par la barrière végétale du
mail, les maisons individuelles sont aussi protégées des nuisances du site par
un grand merlon de terre placé au Nord de leur aire d'implantation et largement
planté d'arbres de haute tige.
Ce remaniement de l'organisation des maisons
est aussi l'occasion d'une reconsidération de leur mode constructif.
Depuis plusieurs années, le développement de
la filière bois a su proposer des ensembles de solutions techniques et
architecturales qui, dans le secteur de la maison individuelle, ont montré la
qualité des projets architecturaux, la fiabilité des solutions techniques et la
très réelle compétitivité de leurs coûts.
Les
maisons à ossature bois présentent en
particulier les réels avantages d'une grande simplicité
de montage, donc d'une
réelle rapidité d'exécution, associée
à une qualité de finitions généralement
reconnue. Les techniques déployées sont
particulièrement performantes dans les
champs de la thermique et de l'acoustique, performances qui sont ici
recherchées.
Nous proposons donc de retenir cette
hypothèse de travail et les dessins du projet permettent d'apprécier les
évolutions apportées.
- Les
Internats ont été entièrement redessinés pour intégrer la proposition
d'aménagement du programme formulée par l'équipe pédagogique lors du recalage
de l'esquisse.
Organisés en deux bâtiments de RDC +3 (Internats Lycée) et RDC+2 (Internat BTS
et GRETA) les Internats ont été resserrés en un ensemble plus compact se
développant autour d'un jardin de proximité.
Les demandes d'extension initialement
formulées ont été résolues par une adaptabilité plus grande des chambres ont
certaines sont dimensionnées pour recevoir un lit supplémentaire.
Le nombre de lits offert est maintenant
proportionnellement identique à l'offre actuelle, le calcul étant ramené à la
capacité globale d'accueil du lycée.
En cas de développement important de la
demande d'hébergement, l'internat BTS est extensible par surélévation d'un
niveau du bâtiment actuellement à RDC+2;
Cette nouvelle organisation des bâtiments
permet une très nette optimisation fonctionnelle : la desserte piétons reste
inchangée dans son implantation et son principe, avec la galerie de liaison qui
relie l'ensemble des internats au bâtiment pédagogique et administratif.
Mais l'approche des véhicules est modifiée
pour tenir compte de la demande d'isolement amélioré des logements.
Le parc de stationnement mis à disposition
des internes BTS est déplacé et regroupé avec les autres parcs de
stationnement au Sud-est du terrain,
l'accès piétons aux internats étant aménagé par un cheminement planté longeant
la salle de sport par sa face ouest.
La sécurité est assurée par les deux espaces
libres accessibles depuis la voie de desserte des logements.
Cette optimisation de système de voirie permet en outre de mieux assurer la collecte et le traitement des EP de ruissellement des parkings avant infiltration.
- Le
Bâtiment de restauration fait l'objet d'un remaniement des principes de
façade pour mieux s'adapter aux exigences de confort d'été. Les très grandes
surfaces vitrées de l'enveloppe, rendues possibles par la conception
structurelle du bâtiment sont une source d'insolation forte qui provoque une
importante hausse de la température intérieure.
Il est proposé de mieux protéger ce bâtiment
par un ensemble de brise soleil fixes persiennés placés en façade Sud et Ouest.
L'orientation exacte et le nombre de brise soleil seront fixés à l'APD après
calcul d'optimisation des F.L.J.
- Le
Gymnase a été replacé avec un léger décalage dans la composition
générale et retourné synthétiquement sur lui-même pour offrir l'éclairement de
la salle de sport à l'Est et limiter ainsi la gêne que causerait une
augmentation de température intérieure du fait de l'ensoleillement Ouest.
- Les
parcs de stationnement ont fait l'objet d'un regroupement général
nécessaire à l'unification du traitement HQE de ces surfaces.
En effet, dès le départ le projet s'est
proposé de limiter les réseaux de collecte en organisant au maximum la collecte
des EP pour une réinfiltration sur place par puisards. Cette proposition,
maintenue, est aujourd'hui confortée dans sa cohérence : regroupement des
parkings, collecte des EP des voiries par noues drainantes plantées entre files
de stationnement, végétalisation des emplacements de stationnement.
ORGANISATION
INTERNE DES BÂTIMENTS
Ateliers
Les ajustements
fonctionnels demandés par la Commission Technique ont été intégrés aux plans
APS.
Les études des
systèmes de chauffage ont longtemps fait opter (solution qui est ici présentée
au dossier) pour un principe de chauffage par rampes radiantes gaz au droit des
ateliers, les locaux d'enseignement et vestiaires étant chauffés classiquement
par radiateurs à eau chaude.
Les plans sont
donc dessinés avec des mini-chaufferies de puissance unitaire inférieure à 20
kW (voir notice CVC). Considérant que cette technique, qui aboutit à créer dans
le secteur A une série de 21 mini chaufferies, entraîne une réelle difficulté
de gestion, la maîtrise d'œuvre a dores et déjà décidé d'engager une étude
substitutive en corrélation avec les choix de réalisation pour la structure des
locaux pédagogiques placés dans le volume des ateliers.
Cette structure
fera l'objet d'une note intermédiaire dès le début des études d'APD.
Bâtiment administratif
Les ajustements
fonctionnels portant principalement sur la localisation des bureaux de CPE sont
intégrés aux plans APS.
En outre, pour
satisfaire aux exigences de la réglementation de sécurité pour les
établissements de type R, réglementation très sensiblement modifiée au
printemps 2004, les circulations intérieures ont été élargies et une cage
d'escalier a été rajoutée.
Internats
Le remodelage du
programme a permis de mieux rassembler et distribuer en RDC les salles
d'activité. Les choix de conception structurelle des bâtiments, avec l'adoption
de façades porteurs permettent maintenant de concevoir une partition intérieure
pour les chambres réalisées uniquement en cloisons sèches garantissant ainsi
une réelle flexibilité dans l'évolution du bâtiment.
APS –
QUESTIONS DIVERSES
AMÉNAGEMENT
URBAIN
- Le projet de la Ville de
Provins de développer une zone d'activités de près de 28 ha à l'est de
l'opération pose évidemment un problème de cohérence d'aménagement avec la
reconstruction du Lycée.
Rappelons que ce projet promet une zone d'activité et un pôle de santé
/ développement consacré aux handicapés (CAT + IME + IMPRO, établissement
d'accueil).
L'aménagement de cette zone importante nécessitera la mise en place
d'infrastructures dont une part ne manquera pas d'être commune avec celles du
Lycée, en particulier :
- L'adduction
d'eau pour alimentation et défense incendie du quartier neuf de l'Hôpital et du
Lycée.
- Le
réseau d'assainissement et d'opération des EU
- Le
réseau de collecte des EP à l'extérieur des opérations ou sites concernés
(réseau collecteur commun)
Compte tenu du calendrier de l'opération de reconstruction du Lycée, il
est souhaitable de connaître les intentions de la Ville avant mise au point du
dossier d'appel d'offres.
En particulier les problèmes d'assainissement étant importants, il
convient de savoir s'il sera établi un schéma directeur du secteur, avec mise
en place de certaines infrastructures communes (bassin de rétention EP, station
d'épuration, etc…).
Le terme absolu de la mise en cohérence de ce type de projets ne
saurait excéder la remise de l'APD.
EMPRISE
FONCIÈRE
1 - Le plan de l'état actuel
remis par le géomètre comporte plusieurs hésitations sur le tracé du périmètre
de l'ensemble foncier du lycée.
Il est important de faire clarifier cette donnée car les conséquences
peuvent être importantes en matière de réseaux communs au droit de la Route de
Chalautre.
2 - Le projet d'aménagement par
la Ville de Provins d'une Z.A. de 28 hectares à l'est de la Route de Chalautre
comporte un volet d'aménagement routier avec mise en impasse de la voie d'accès
actuelle à la RN19 et réalisation d'un grand rond point au carrefour Sud Est;
Il est prévu que ce rond-point empiète sur l'emprise actuelle du terrain du
Lycée.
Le projet étant encore en cours d'études, il est souhaitable de
préciser à la Ville de provins que la réduction de l'assiette foncière n'est
pas souhaitable car elle entraînerait à cet endroit une réduction de la
capacité de stationnement.
ACCESSIBILITÉ
DES HANDICAPÉS
Lors d'une réunion
de travail tenue le 7 juin à Melun, il a été établi que pour sa partie
d'atelier, le nouveau Lycée ne devrait pas recevoir d'handicapés.
Les locaux
d'enseignement situés en RDC+1 dans le volume des ateliers ne sont donc pas
accessibles au PMR il a été précisé que la présence éventuelle d'un professeur
ou d'un visiteur Consultant qui serait handicapé en fauteuil justifierait
l'organisation ponctuelle d'une salle de cours ou de TP à RDC du bâtiment
concerné (Voir notice Accessibilité des handicapés).
A titre de
précaution et compte tenu de l'ampleur de l'établissement, la maîtrise d'œuvre
a décidé de maintenir l'accessibilité complète de l'atelier complet du secteur
A3.
Mais les
exemptions formulées le 7 juin doivent être officiellement confirmées avant
dépôt de demande de PC, sous peine, dans le cas contraire, d'irrecevabilité de
la demande.
SÉCURITÉ
INCENDIE
1 - La récente réforme de la
réglementation de sécurité pour les établissements ERP de type R requiert une
définition des effectifs simultanément admissibles par bâtiment et par
niveau de chaque bâtiment.
Cette notion très importante (et qui conditionne le contenu de la
Déclaration du chef de l'établissement au PC) exige donc une étude et une
concertation fines avec les utilisateurs, le Bureau de contrôle et le
SDIS 77, au cours de l'APD.
Cette étude permettra, par l'optimisation des effectifs avant dépôt de
la demande de PC :
- de
confirmer l'hypothèse d'un classement des ateliers en 5ème catégorie
(effectifs élèves < à 200 élèves par atelier). Ce classement est hautement
souhaitable pour éviter des surcoûts importants en cas de classement en 4ème
catégorie, surcoût affectant la structure, le degré CF des parois et toutes les
baies, etc….
- de
confirmer que certains locaux, comme le garage (à ne pas confondre avec
l'atelier "engins") ne recevront pas d'élèves (remisage des véhicules
de service).
- de
fixer définitivement le nombre de dégagements requis.
2 - L'examen du réseau alimentant
les poteaux incendie fait apparaître une possibilité de débit pour 1 seule
bouche à la fois, insuffisance confirmée par les différentes visites de
sécurité sur site.
Sur un établissement de cette importance, la simultanéité de mise en
service de 2 bouches au minimum peut être exigée.
Cette exigence, à faire confirmer ou infirmer par le SDIS 77, pourrait
entraîner la réfection totale du réseau d'alimentation des Poteaux d'Incendie.
THERMIQUE
Les ateliers sont
de très grands volumes dont la température de consigne actuellement formulée au
programme (15°) entraîne des exigences élevées en matière d'isolation
thermique, pour conformité avec la RT 2000.
Or certains de ces
ateliers, en particulier Gros Oeuvre Bâtiment et TP ou encore remise à engins
de TP, fonctionnent le plus souvent avec façade ouverte ou acceptent sans
difficulté majeure, une température de consigne de 12°.
Dans ces
conditions, ces locaux peuvent-ils voir leur température de consigne définie en
termes de programme à 12° afin de limiter les contraintes d'isolation en
cohérence avec les modes d'utilisation habituels ?
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